Une journée harassante et sans respiration.

Un long ruban de bitume dans la nuit noire et la soirée tardive. Et au bout, de ces tunnels, ma maison, mon havre, mon refuge. Mes hommes. Plus un ce soir, non moins cher à mon cœurs que mes trois chéris.

La clef tourne, le moteur et le bruit s’arrêtent. Ils sont là, je le sais, derrière cette fenêtre allumée.

Le couloir encore, avant de les voir tout à fait.

J’ouvre, les cris fusent, « Maman, te voilà ! » crie Petit Bonhomme gigotant de sa chaise, « Maman,  un 8/10 en latin !! » de Petit Homme, accompagnant ce cri de victoire de bras lancés à mon cou. Au risque de me briser le dos. Et mon Homme de sourire, et le Grand Homme de dire « Ma fille… ». Et ce soir, ce sera des bousculades de paroles où chacun se racontera, poussant et repoussant ma fatigue pour me rendre disponible, revigorée et nourrie par eux tous. Et quand les yeux se font lourds pour eux, accompagner leurs rires pour les apaiser ensuite, câlins et petites histoires, ce soir on ajoutera même les ombres chinoises. Ils sont couchés, le calme chaud est là.

C’était une dure journée.

C’était douce soirée.