Une semaine soufflante, sur un rythme effréné. Un vendredi soir qui expire sur les inévitables courses, les surgelés arrachés en dix minutes, la boucherie dans ma ligne de mire, le rideau de fer qui va descendre, plus que deux minutes, et sur le boulevard, les flots de voitures obstinées, qui refusent de s'arrêter pour le créneau d'une autre, aveugles, bornées sur le but du retour chez elles. Je peste et fulmine... je me glisse sous le rideau, un sourire m'accueille, pas de souci ma p'tite dame, on vous sert. Je rembraye, mes enfants m'attendent, de plus grands aussi... Et comme toujours, passée le petit pont, après le grand virage que je prends sans doute un peu trop vite, la pression tombe d'un coup. Ici, je suis chez moi, le temps redevient calme. Ce soir, je serai allée partager la table d'amis fatigués comme moi, enrhumés comme moi. Nous nous sommes réchauffés de rires et de paroles. c'était aussi bon que les petites bouchées préparées par notre hôte. Toutes chaudes...