Une semaine ou presque que je suis sans voix. Quick, coupée la chique. Pouvais plus parler, seul un souffle sortait. L'agacement d'abord face à ces sons qui s'étranglent, à ces sourires incrédules en résonnance. L'énervement de ne pouvoir rugir instantanément. Et puis, les chuchotements qui me répondent au diapason, les regards  attentifs à mes expirations laborieuses. La réponse se fait silence pour mieux recueillir la bribe expirée. Le temps nécessaire à la reprise d'air, la réflexion qui prend son temps. Magique cette soudaine décantation, ce temps nouveau, ces respirations. Tout un monde de communication que je connais si peu. La parole y passe si bien. Et si je continuais à me taire?