Terrible. Le vent si fort ; les sapins remparts  du jardin, ces géants de quatre mètres qui gémirent toute la journée.

La lumière nous quitte la première, un haussement d’épaule accompagne sa désertion, le soleil du ciel nettoyé la fait oublier.

le froid s’insinue, la cheminée est inutilisable, trop de vent. Pas de four, pas de gâteau du dimanche, pas de dessins animés, pas de café. La solitude se fait présente tout à coup. Une longue journée s’annonce.

On toque à la porte, un sourire se glisse, Mister B qui s’inquiète de savoir si tout va bien. Je rajoute des assiettes, Miss A nous rejoint, les enfants rient dans les cabanes de coussins. Le courant de chaleur repart, ils sont rentrés.

Un nouveau sourire revient, les compères P. amènent la brioche. Thé, chocolat chaud et semouline la cuisine regorge de trésors accessibles, si savoureux quand la sensation d’impossible connote les gestes  du quotidien. Ces bonheurs qui se font si forts quand ils ont manqué.

Et ce soir, dans la lueur des bougies, cette chaleur des enfants lovés contre moi, ce tout petit fauteuil qui a réuni notre réconfort, notre câlin riant, leur poème  touchant vont bercer la nuit qui nous enveloppe…

… chaleur humaine, la plus chaude de toute.